Leadership / Posture
Comment tenir quand on est la seule à dire non ?
Une phrase claire, du calme, des alliées, et le droit de laisser décider plus haut : c'est ce qui permet de tenir.


Pourquoi on est seule
La conformité doit pouvoir rendre ses avis sans dépendre des équipes qu'elle contrôle. Du coup, on n'est jamais tout à fait dans l'équipe. À la machine à café, on nous aime bien, mais on baisse un peu la voix quand on arrive, et cela tient à la fiche de poste bien plus qu'à la personne qui l'occupe.
Une phrase claire
Quand on se sent seule, on se justifie. Et chaque argument ajouté offre une prise de plus à la contradiction. Mieux vaut préparer une phrase qui dit ce qui pose problème et ce qui permettrait d'avancer, la prononcer, puis se taire.
Le silence qui suit, ce n'est pas à nous de le remplir. Si l'on nous repose la question, on répète la même phrase, mot pour mot, à la façon d'un disque rayé.
Prenons un prospect stratégique, classé haut risque, dont le dossier n'a toujours pas la pièce qui permet de vérifier le bénéficiaire effectif. Le commercial lance en réunion : « Tu vas nous faire perdre le client. » La réponse tient en deux phrases, sans support ni démonstration :
Il manque la pièce qui permet de vérifier le bénéficiaire effectif. Dès qu'elle arrive, je reprends le dossier dans la journée.
Garder le calme
Le désaccord glisse vite vers les personnes. On entend « tu bloques tout », ou « tu ne comprends rien au business ». On peut alors ramener l'échange au dossier :
Mon avis porte sur ce que le dossier permet de dire aujourd'hui.
Inutile de répondre sur le même ton. Un courriel posé, envoyé le lendemain matin, porte plus loin que n'importe quelle réplique à chaud. Et quand une voie existe, on la propose, parce qu'un refus accompagné d'un chemin est bien plus difficile à contourner qu'un refus sec.
Vérifier son raisonnement
Être la seule à dire non fait douter. C'est sain, tant que le doute porte sur les faits.
Avant de défendre un avis, on le soumet à une personne de confiance à l'audit interne, au contrôle permanent ou au juridique. Si un fait nouveau arrive, on change d'avis sans drame.
Si c'est seulement le volume sonore qui monte, on garde sa position.
Les alliées
En interne, il faut savoir à qui porter un sujet bloqué au-delà de sa hiérarchie, et vérifier que ce droit est écrit quelque part.
En dehors, il y a les pairs qui font le même métier ailleurs ; avec elles, on parle de sa façon de travailler, jamais d'un client ni d'un dossier précis, et c'est exactement ce qu'on fait sur le Slack du Cénacle.
Reste l'écrit : une note, un compte rendu ou une alerte tracée font que le sujet ne repose plus sur nos seules épaules.
On dit non ; quelqu'un décide au-dessus.
Laisser décider plus haut
On n'a pas à gagner chaque arbitrage. Notre avis peut être contesté ; la décision remonte alors au niveau prévu par la procédure, et la personne qui décide prend le risque qui va avec. C'est le circuit qui fonctionne, et rien ne nous oblige à le vivre comme un échec.
Cela suppose que tout soit écrit : notre avis, la décision, et le nom de qui l'a prise. Même tout en haut, personne ne peut écarter une obligation légale ; le billet sur la dérogation détaille ce point. Une fois l'avis rendu et la décision prise au bon niveau, on peut refermer le dossier, et aller le boire, ce café.
Une consœur pourrait en avoir besoin ?
Partager sur LinkedInLe travail n’a pas à faire mal pour être bien fait.

